En saison estivale, la mer Méditerranée et les espèces qu'elle abrite subissent les pressions de la forte fréquentation en mer. L'occasion pour GEK de lancer une campagne de prévention pour la protection des cétacés

"Que l'on soit plaisancier, professionnel ou autre usager de la mer, il est impératif de respecter la tranquillité des mammifères marins", assure Thierry Hoolans, membre de GEK et président de l'association défense de la nature "Passepartou", en charge de l'opération qui vise à informer le grand public des dangers liés à l'observation des cétacés si celle-ci ne respecte pas des comportements appropriés.

"Les dauphins sont obligés de remonter à la surface pour respirer, ce geste les rend vulnérables et repérables. C'est ainsi que l'on peut voir des plaisanciers et des professionnels de la mer encercler des groupes de cétacés pour les prendre en photo, croyant que ces derniers se donnent en spectacle pour le plaisir. Mais il n'en est rien. Les bruits des moteurs, ainsi que ceux des sonars en action, provoquent de la pression sonore, qui perturbe l'ouïe de l'animal, son sens premier. Le monde du silence est devenu un enfer sous-marin", se désole le militant, spécialisé en éthologie.

Même s'il n'est pas prouvé scientifiquement aujourd'hui que ces perturbations vont jusqu'à entraîner la mort - même si des cas ponctuels d'échouages massifs ont été observés ces dernières années à la suite d'entraînements militaires - la nuisance sur le bien-être animal est indéniable.

"Ce sont des êtres acoustiques. Le son se propage plus vite en mer que sur terre. Donc tous les bruits dans l'eau dérangent inévitablement la faune marine", confirme Catherine Cesarini, correspondante en Corse du Réseau national échouage.

Le GEK rappelle ainsi que l'approche des cétacés avec un comportement nuisible (harcèlement, bruit, pollution) est proscrite par la loi et plus précisément par un arrêté du 1er juillet 2001 fixant la liste des mammifères marins protégés sur le territoire national et les modalités de leur protection. Mais ces rencontres peuvent aussi être inopinées.

"Dès la détection de cétacés et quelle que soit la distance, une vigilance particulière est de mise", rappelle Laurence Constantin, présidente et cofondatrice de GEK.

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https://www.corsematin.com/article/a...r-sensibilises


Un code de bonne conduite pour ne pas perturber les cétacés

La zone des 400 mètres est ainsi considérée comme la zone "de danger" dans laquelle il faut couper le sonar et le moteur.

L'observation doit se faire dans la plus grande discrétion, en évitant tout bruit, pour ne pas stresser les animaux.

Tenter de nager avec eux ou de les toucher est évidemment proscrit. "Les mammifères marins ne sont pas amenés à se trouver spontanément en présence d'un humain. Le fait d'être confronté directement à cette présence crée, irrévocablement, une modification du comportement chez l'animal sauvage."

Des zones sensibles

La zone des 1 000 mètres définit, selon GEK, la limite extérieure de la zone de fréquentation commune aux cétacés, à l'intérieur de laquelle toute activité humaine obéit à des règles strictes.

"L'embarcation ne doit pas se trouver dans le secteur avant des animaux et ne doit pas approcher les cétacés par leur secteur arrière, sinon elle sera perçue comme un poursuivant. Après l'éloignement des cétacés de la zone de danger (400 mètres), le bateau doit quitter le site à petite vitesse (3 noeuds) en adoptant une route signalant, sans ambiguïté, son départ (...) et en s'éloignant par rapport au sens de nage des cétacés", stipule le code de bonne conduite.

Enfin, en dehors de ces zones, en navigation côtière, il est conseillé d'éteindre les sonars pour éviter toute perturbation acoustique. "La navigation au-delà de la zone de 1 km doit se faire selon une trajectoire s'éloignant progressivement de la route des cétacés", rappelle Global Earth Keeper.

Harcèlement, poursuite, pollution, bruit, etc. en présence de cétacés dans leur milieu naturel entraînent des conséquences sur leur santé et sont passibles de poursuites (arrêté du 1er juillet 2011 fixant la liste des mammifères marins protégés sur le territoire national et les modalités de leur protection), rappelle enfin l'association de défense des animaux et de l'environnement.

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