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  • 1 Message par dogeorge
  • 1 Message par Delphane
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  • 1 Message par Oscarine

Maltraitance animale: punir sévèrement les auteurs de sévices

C'est une discussion Maltraitance animale: punir sévèrement les auteurs de sévices dans le forum Général & Actualités sur les Animaux et la Protection, dans la catégorie Protection et Mode de Vie ; ...

  1. #1
    Libellule Funambule Avatar de phacélie
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    janvier 2010

    Maltraitance animale: punir sévèrement les auteurs de sévices

    Un homme de 50 ans a été condamné, ce mercredi 18 juillet, à une peine de deux ans de prison, dont un avec sursis, pour des actes de cruauté envers des chats. De plus en plus de cas de maltraitance sont relayés par la presse et les décisions de justice semblent plus lourdes qu’il y a quelques années. Comment expliquer une telle évolution?

    Dans la presse et sur les réseaux sociaux, on note une recrudescence des cas de maltraitance animale. Dernier en date, un ingénieur caennais a été condamné, ce mercredi 18 juillet, à une peine de deux ans de prison, dont un avec sursis. La raison? L'homme de 50 ans a été reconnu coupable d'actes de cruauté sur des chats. En juin dernier, il avait déjà été condamné à 18 mois de prison dont 9 mois ferme pour des faits similaires. Souvent accusé dans le passé de laxisme par les associations de protection animale, la justice devient-elle plus sévère dans les cas d'actes de cruauté envers les animaux?

    Pour Nicolas Dumas, directeur adjoint de la Société protectrice des animaux (SPA), la justice semble avoir intégré la question de la souffrance animale, une sensibilité qui se ressent dans les verdicts.«Etant dans la protection animale, je dirais que ce n'est jamais assez mais [qu']il y a une vraie prise de conscience. Sur les réseaux sociaux, on voit de plus en plus les décisions de justice qui sont données. Même si les amendes [ne] sont, pour nous, pas assez élevées, on se rend compte que les jugements sont plus sévères qu'il y a 3 ou 4 ans.»

    (...)

    Lire la suite : https://fr.sputniknews.com/france/20...imale-justice/


    © SPUTNIK . EVGENIA NOVOZHENINA


    "Pourquoi voudriez-vous qu’il y ait sur la Terre une multitude de vies ? Il n’y a qu’une vie qui, végétale, animale ou humaine, naît, rit, pleure, jouit, souffre et meurt. Une seule. Et c’est déjà bien assez merveilleux." A. Einstein

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  2. #2
    Pro du blabla ! Avatar de dogeorge
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    mai 2006
    la BELGIQUE est bien plus en avance que nous!

    https://www.rtl.be/info/belgique/pol...--1042099.aspx
    phacélie aime ça.

  3. #3
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    septembre 2009
    On a les critères, les conditions et la procédure de l'obtention d'un tel permis ?
    Pour ma part, tant que je ne sais pas exactement ce qu'il y a dedans et comment ça peut se passer légalement, j'ai beaucoup de mal à me réjouir d'un tel permis. Disons que je suis en mode "attendons de voir"...

    En un sens, c'est vrai que cela peut être un progrès... mais ça peut aussi être un moyen de coercition ou de pression étatique pour tel ou tel raison qui peut se retourner contre les maîtres voir contre les animaux eux-mêmes (si on décide de ne plus délivrer de permis de possession de chien sur telle ou telle catégorie, etc...).
    vivelesbergers! aime ça.
    Tu crois pouvoir écraser cette chenille ? Bien, c’est fait : ce n’était pas difficile. Bien, maintenant, refais la chenille…
    Lanza del Vasto
    .


  4. #4
    Libellule Funambule Avatar de phacélie
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    janvier 2010
    J'ai mis "j'aime" pour la sévérité des peines encourues ( à voir si les peines prononcées sont réellement plus sévères qu'en France ), mais si je suis pour une interdiction de détention en cas de maltraitance, je ne suis pas pour un permis de détention a priori.
    vivelesbergers! and Delphane aiment ça.
    "Pourquoi voudriez-vous qu’il y ait sur la Terre une multitude de vies ? Il n’y a qu’une vie qui, végétale, animale ou humaine, naît, rit, pleure, jouit, souffre et meurt. Une seule. Et c’est déjà bien assez merveilleux." A. Einstein

  5. #5
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    mars 2016
    La finalité est bonne bien sûr après faut voir les modalités d'application ca fait un peu "gros flicage" quoi, style c'est presque si tu donnes telle marque de croquettes à manger à ton animal et pas telle autre c'est de la maltraitance et quid des chats d'appartement, on pourrait considérer que leur liberté est "entravée" non? ou si on refuse de les vacciner tous les ans on sera accusé de maltraitance?

    Bref suis dubitative quand même

    Quid de la liberté de chacun d'élever son animal comme il l'entend (dans son plus strict respect et sans violence bien entendu) ca me ferait mal que quelqu'un me dise que je suis "maltraitante" si je rentrais pas dans les "cases" de la loi
    Dernière modification par Oscarine ; 20/07/2018 à 15h42.
    Delphane aime ça.

  6. #6
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    novembre 2011
    Enfin une bonne nouvelle.

    Apparemment selon l'infraction retenue la peine est plus ou moins sévère. Tout est bien résumé dans cet article: https://julietteclerboutavocat.fr/to...e-les-animaux/

  7. #7
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    février 2008
    Oui, le coup du "permis" moi ça m'inquiète quand même un peu...
    Surtout quand on voit ce qui se passe pour les chiens catégorisés : en gros, ce sont les gens respectueux de la loi (et de leur animal) qui sont sanctionnés par ces mesures de coercition, les autres continueront à faire comme avant puisque de toutes façons ils sont déjà hors des clous... Et au final on aura quoi? Encore plus de chiens et de chats dans les refuges?
    Pour la sévérité des peines en hausse, par contre, j'applaudis! jusqu'à présent elles étaient souvent à peine symboliques...
    * "Parler aux c*ns ça les instruit"...
    La bonne nouvelle, c'est que je me couche un peu moins bête chaque soir!*

  8. #8
    Libellule Funambule Avatar de phacélie
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    janvier 2010
    Bon, pour l'instant ce permis ne semble pas être bien difficile à obtenir :


    Dans le Code, l'animal est défini comme "un être sensible". Pour partager son foyer avec "un être doué de sensations, d'émotions et d'un certain niveau de conscience", il faudra désormais détenir un permis d'adoption qui sera accordé à toute personne dès 18 ans, "tant que ce permis ne lui est pas retiré"pour maltraitance.

    Extrait de cet article :
    La Wallonie, paradis des animaux... Et en France ?

    https://www.franceinter.fr/societe/l...x-et-en-france
    "Pourquoi voudriez-vous qu’il y ait sur la Terre une multitude de vies ? Il n’y a qu’une vie qui, végétale, animale ou humaine, naît, rit, pleure, jouit, souffre et meurt. Une seule. Et c’est déjà bien assez merveilleux." A. Einstein

  9. #9
    Labrador
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    bof pas certaine que ce type de permis règle véritablement le problème.

    Je suis plutot sceptique.

  10. #10
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    janvier 2010
    Edito : En matière de protection animale, la justice sévit enfin !

    Il a fallu attendre longtemps, mais ça y est, nous pouvons enfin dire que les crimes de cruauté sur des animaux ne restent plus impunis.

    Trois ans. Il aura fallu attendre trois ans, depuis que la loi a fait de l’animal un « être vivant doué de sensibilité », pour que les sanctions en cas de maltraite ou de cruauté soient appliquées. N’ayons pas peur de le dire : enfin !
    Il était temps car en réalité, près de 20 ans se sont écoulés depuis le 6 janvier 1999, date à laquelle ont été alourdies les sanctions pour sévices graves ou actes de cruauté envers les animaux : 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende au lieu des 6 mois de prison et 15 000 euros prévus jusque-là.
    Dans les faits, malgré cette législation, la barbarie humaine n’a jamais cessé, les actes de cruauté ont perduré en quasi-toute impunité, tout en étant de plus en plus médiatisés. On se souvient pourtant de l’affaire « Farid de la Morlette », ce jeune homme marseillais qui, en 2014, s’était filmé en train de lancer un chat contre un mur, et qui avait été condamné pour cela à un an de prison ferme. Une peine jugée « exemplaire », à l’époque. Avait-on déjà vu quelqu’un aller en prison pour s’en être pris à un animal ?

    De premiers frémissements

    On aurait pu croire que cette affaire donnerait donc un nouveau souffle au droit animal. Cela a été en partie vrai puisqu’elle a sans doute contribué à faire changer la loi, dans un souci de « modernisation » et de « simplification du droit et des procédures ». C’est là que le Code civil a reconnu l’animal comme « être vivant doué de sensibilité », et non plus comme « un bien meuble ».
    Mais cela n’a pas suffi. Les tribunaux ont continué à être engorgés, les procureurs à ne pas être entendus, et les juges à condamner à des peines dérisoires les assassins et tortionnaires d’animaux. Cela a donné l’impression, pendant des années, d’une justice aléatoire, où les peines sont distribuées presque au hasard, au gré des humeurs et des sensibilités des juges.
    Et puis, il y a eu Chevelu, ce chat torturé à mort à Draguignan. Six mois de prison ferme avec mandat de dépôt à la barre : une victoire pour Maître Terrin, l’avocate qui, des mois durant, avait plaidé sa cause et préparé son procès. « Chevelu a ouvert la voie à plus de Justice », nous confiait-elle alors.

    La fin des peines aléatoires ?

    Maître Terrin avait raison. Quelques jours après le procès de Chevelu, une femme est condamnée à un an, dont six mois ferme, pour avoir poignardé sa chienne à cause de ses aboiements. En mai, un trentenaire de Roubaix, jugé en comparution immédiate, est condamné à cinq mois de prison ferme pour avoir défenestré son chat. Le même mois, un homme est condamné à Bobigny à cinq mois ferme pour avoir tué sa jeune chienne Attila. En juin, le tribunal correction de Melun va plus loin que les réquisitions du Parquet et condamne à un an de prison ferme (au lieu de 2 ans avec sursis) un couple d’éleveurs canins véreux. Les peines s’alourdissent au fil des procès, et soudain, l’espoir renaît.
    Dernièrement, c’est l’affaire d’un ingénieur tortionnaire de chats qui a défrayé la chronique. Dans la banlieue de Caen, ce cadre dirigeant « brillant » sans histoires, et père de famille, brisait les pattes des félins. Une quinzaine de victimes, en tout, dont certaines ont dû être euthanasiées. Lors d’un premier procès, le cinquantenaire a été condamné à dix-huit de prison dont neuf ferme, par le tribunal correctionnel de Caen. Le coupable a décidé de faire appel. Cela s’est finalement retourné contre lui : il a été condamné à deux ans de prison dont un seul avec sursis, et à une amende de 30 000 euros. La peine maximale. Il se pourrait donc bien que la justice ait enfin compris que plus que le pays des droits de l’Homme, la France pouvait aussi devenir celui des droits des Animaux…

    https://wamiz.com/chiens/actu/edito-...fin-13227.html
    "Pourquoi voudriez-vous qu’il y ait sur la Terre une multitude de vies ? Il n’y a qu’une vie qui, végétale, animale ou humaine, naît, rit, pleure, jouit, souffre et meurt. Une seule. Et c’est déjà bien assez merveilleux." A. Einstein

  11. #11
    Labrador
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    Apparemment les peines prononcées sont vraiment très différentes d'un tribunal à un autre.

    Dans une affaire la peine a été beaucoup moins lourde. Le coupable a seulement eu une amende et une peine d'interdiction d'avoir un animal. Voici le lien où on en parle: https://julietteclerboutavocat.fr/an...oit-animalier/

  12. #12
    Libellule Funambule Avatar de phacélie
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    L'histoire de Fudji, chien brûlé vif par une femme qui en avait la garde, a ému la France. Au-delà du fait divers atroce, Jean-Marc Neumann, juriste chargé d'enseignement en droit de l'animal à l'université de Strasbourg, explique pour France-Soir en quoi améliorer la protection juridique des animaux est indispensable. Ne serait-ce que pour mieux protéger les êtres humains.


    L’acte, d’une effroyable cruauté, a défrayé la chronique en juillet dernier. Le martyr de "Fudji" le chien a été relayé par tous les médias et déclenché des réactions passionnelles d’une rare violence de la part des internautes sur les réseaux sociaux.

    Cette affaire est extrêmement intéressante car elle nous dit beaucoup sur l’extrême violence dont les animaux peuvent faire l’objet et sur la réponse pénale qui y est apportée.

    Revenons brièvement sur les faits et le jugement rendu le 10 septembre dernier avant d’examiner le droit applicable en matière d’actes de cruauté et de conclure sur sa nécessaire évolution dans l’intérêt des animaux et des humains.

    1/ L’affaire Fudji

    Le 10 août 2018 à Sagy, petite commune de Saône-et-Loire, une éleveuse de 38 ans a commis un geste d’une exceptionnelle gravité sur le berger allemand de son compagnon. Elle a jeté de l’essence sur Fudji et y a mis le feu. En dépit des soins apportés par l’équipe vétérinaire à laquelle l’animal avait été confié, il est malheureusement décédé le 20 août des suites de ses graves brûlures.

    Le martyr de Fudji a été très largement médiatisé et a entraîné un déchaînement de violences à la hauteur des faits commis. L’éleveuse a fait l’objet d’un lynchage d’une rare violence sur les réseaux sociaux avec d’innombrables menaces de mort ou de lui faire subir le même sort qui ont été proférées à son encontre.

    Cette violence dit beaucoup sur notre société et sur la façon dont elle réagit désormais (réactions facilitées par les réseaux sociaux qui, pour certains, sont devenus un véritable terrain de défoulement) à des actes de cruauté exercés sur des animaux de compagnie (chiens ou chats notamment).
    Rapidement des pétitions en ligne ont été lancées afin que l’éleveuse soit condamnée à une peine exemplaire [(1) et (2)] et que des milliers d’internautes ont signées.

    Onze parmi les plus importantes associations de protection animale se sont saisies du dossier et se sont constituées partie civile pour faire entendre leur voix afin qu’une réponse pénale à la hauteur des faits y soit apportée.

    La jeune éleveuse a été poursuivie pour "acte de cruauté" et son procès s’est tenu le 3 septembre devant le tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saône. Elle encourait, selon l’article 521-1 du code pénal une peine de 2 ans d’emprisonnement et de 30.000 € d’amende.

    Environ 200 personnes s’étaient mobilisées et réunies devant le Palais de Justice pour défendre la mémoire de Fudji et demander une justice "exemplaire".

    Comment une éleveuse, une personne dont a priori on peut légitimement penser qu’elle "aime", les chiens a-t-elle pu commettre pareille ignominie?

    Lors du procès (voir notre article ci-dessous, NDLR), elle a déclaré avoir été mordue à plusieurs reprises par Fudji et avoir développé une phobie envers ce chien qui se montrait "toujours agressif avec elle. Je voulais qu’il parte ». Son avocate a mis en avant l’état psychologique extrêmement fragile de l’auteure des faits qui aurait fait une tentative de suicide l’an passé et qui était suivie par un psychologue.


    Le parquet a demandé que l’auteure des faits soit reconnue coupable d’acte de cruauté sur animal et qu’elle soit condamnée à 18 mois de prison dont 9 mois ferme. Le jugement a été mis en délibéré durant une semaine pour "calmer les esprits".

    Par jugement rendu le 10 septembre, les magistrats sont allés au-delà des réquisitions du parquet et l’ont condamnée à deux ans de prison dont un an ferme, à une obligation de soins durant un an, à 1.500 euros de dommages-intérêts en faveur de son ex-compagnon propriétaire de Fudji, à l’interdiction de détenir et de s’occuper d’animaux durant cinq ans, à des dommages-intérêts de un euro à chacune des onze associations parties civiles et enfin à une mise à l’épreuve de deux ans.

    Que penser du jugement? les sanctions prononcées paraissent justes et équilibrées en l’état du droit actuel. L’auteure des faits n’avait jamais fait l’objet de signalements ou de condamnations pour violence à l’encontre d’animaux. Son casier judiciaire était vierge. Dans le prononcé d’un jugement les magistrats tiennent nécessairement compte du parcours pénal de l’intéressé.

    Néanmoins et nonobstant la virginité du casier pénal de l’éleveuse, les magistrats, au regard de la gravité des faits, sont allés au-delà des réquisitions du parquet afin de bien signifier que ce type d’acte est extrêmement grave et qu’il doit être puni de façon exemplaire.

    C’est un signal fort envoyé à tout tortionnaire potentiel. Il était nécessaire et même indispensable.

    2/ Le droit applicable en matière d’actes de cruauté sur animal

    Les actes de cruauté sur un animal (sauf animaux sauvages vivant à l’état de liberté) constituent depuis la loi 19 novembre 1963 un délit. L’article 521-1 du code pénal les réprime de 2 ans d’emprisonnement et 30.000 € euros d’amende. Ces peines peuvent faire l’objet d’un sursis.

    Qu’est-ce qu’un acte de cruauté? Selon une décision rendue par la Cour de cassation en date du 13 janvier 2004 (n° 03-82.045) il faut qu’il y ait existence de "sévices ou actes de cruauté accomplis intentionnellement dans le dessein de provoquer la souffrance ou la mort".

    Ainsi que le précise Muriel Falaise, maître de conférences en droit privé à l’université Jean Moulin (Lyon III) dans son ouvrage Droit animalier (3) "L’acte de cruauté se caractérise comme un acte volontaire et conscient, en vue de faire souffrir sans nécessité un animal ou de provoquer sa mort. La motivation de l’acte repose sur une intention perverse, barbare ou sadique".

    Aux peines principales (emprisonnement et amende) s’ajoutent des peines complémentaires que le tribunal peut prononcer: interdiction temporaire ou à vie de détenir un animal, interdiction d’exercer pour une durée maximale de cinq ans et confiscation de l’animal.

    Les tribunaux qui pendant très (trop) longtemps se contentaient de prononcer des peines d’amende légères (quelques centaines d’euros) et, parfois, des peines de prison de quelques mois assortis du sursis ont progressivement changé le regard posé sur ces sordides affaires. Dans l’affaire très médiatisée du chaton Oscar en 2014 (4) le tribunal correctionnel de Marseille avait prononcé le 3 février 2014 une peine de prison ferme d'un an à l’encontre de l’auteur de l’acte "Farid de la Morlette"… mais il est vrai que l’individu était déjà défavorablement connu des services de police. Il est donc probable que son "pedigree" ait influé sur la peine prononcée.

    Il convient toutefois de relever avec satisfaction que depuis la reconnaissance par le code civil de la sensibilité de l’animal par la loi du 16 février 2015 (article 515-14 du code civil), les magistrats paraissent plus audacieux et n’hésitent plus désormais à prononcer des peines d’emprisonnement ferme. Ainsi, très récemment, deux affaires particulièrement sordides ont donné lieu à des sanctions exemplaires dans lesquelles les magistrats ont retenu la peine maximale de deux ans d’emprisonnement: l’affaire du chien Attila (5) et celle du tortionnaire de chats de Caen (6).

    Cette prise en compte plus systématique de la souffrance animale par les tribunaux doit être saluée mais elle n’est pas suffisante car la répression doit encore être renforcée.

    3/ La nécessaire évolution de la répression des actes de cruauté

    Le niveau actuel des sanctions mérite d’être relevé et ce, pour deux raisons principales:

    > La première raison tient à la mise en cohérence de notre droit

    En effet, les animaux étant désormais reconnus par le code civil comme des êtres sensibles et ayant été extraits de la catégorie des biens, ils doivent faire l’objet d’une protection renforcée contre les actes de cruauté. Les sanctions actuelles prévues par l’article 521-1 du code pénal sont inférieures à celles réprimant un vol simple (trois ans et 45.000 euros d’amende) ce qui parait pour le moins surprenant. Ainsi, le vol d’un animal (ou d’un objet) se trouve être plus lourdement réprimé que des actes de torture sur un animal. Cela est totalement incohérent et même choquant car la gravité des faits n’est pas comparable.

    Il convient de rappeler que des propositions de loi ont été récemment (depuis 2015) déposées pour relever le niveau des sanctions et veiller ainsi à une vraie cohérence de notre droit [(7) et (8)] et tout dernièrement au mois de mai (9).

    Comment se situe la France par rapport à d’autres pays européens à ce sujet? Selon Muriel Falaise (5) "peu de pays européens prévoient des peines privatives de liberté. En France la peine maximale encourue est de deux ans, contre cinq ans en Irlande, quatre ans en Finlande, trois ans en Suisse et en Allemagne". Quant aux peines d’amende, Muriel Falaise précise que la France se situe dans la moyenne européenne mais que le montant varie fortement selon les pays « 250.000 euros en Irlande, 100.000 euros en Espagne, 50.000 euros en Allemagne, 7.500 euros en Autriche, 2.000 euros en Belgique".

    > La seconde raison tient à une meilleure protection des humains

    Des études scientifiques ont démontré le lien entre violences exercées à l’encontre d’un animal et violences domestiques à l’encontre de membres de la cellule familiale (10).

    Un acte de cruauté exercé sur un animal n’est pas anodin, ne doit pas être banalisé ou sous-estimé; il est révélateur d’un comportement anormal d’un individu potentiellement dangereux pour la société. L’animal est, selon l’expression consacrée, une "sentinelle" des violences domestiques.
    Il est donc essentiel que les magistrats saisis d’affaires de maltraitance animale les traitent avec le plus grand soin et perçoivent bien le caractère potentiellement dangereux de leur auteur(e).

    Ainsi que le précisent Marie Pelé et Cédric Sueur (10) "Ces recherches mettent également en avant le fait que les abus aux animaux de compagnie sont une tactique coercitive utilisée par les abuseurs pour contrôler les partenaires. 92 % des victimes de violence domestique avouent elles-mêmes que les abus sur animal domestique sont un moyen de pression et de contrôle des abuseurs sur elles-mêmes ou leurs enfants. La plupart des femmes victimes de violences décrivent les maltraitances de leur compagnon sur l’animal de compagnie comme un moyen de passer sa colère, de se venger ou de punir la femme en tant que telle. McDonald et al. (2015) décrivent que les enfants voient les maltraitances faites aux animaux dans leur foyer comme un moyen de maintenir et de créer la peur au sein de ce foyer, d’isoler la mère ou de l’empêcher de quitter le foyer. Loring and Bolden-Hines (2004) suggèrent également que les abuseurs peuvent menacer de violenter les animaux domestiques afin de forcer les membres du foyer à commettre des actes illégaux ou les empêcher de témoigner d’actes illégaux".

    L’Étude consacrée au lien entre violence domestique et maltraitance animale réalisée pour la Fondation AP Sommer (11) mérite d’être citée. Ainsi que le précise l’auteure du rapport "L’enquête de terrain réalisée en 2014-2015 auprès d’intervenant.e.s du secteur psycho-social et de personnes travaillant avec des animaux en France et en Belgique m’a amenée à penser que le lien entre violence domestique et maltraitance animale, quoique surprenant et inattendu au départ, paraît finalement aux gens de terrain intéressant, voire pertinent. Ce lien paraît intéressant surtout dès lors qu’il est question d’envisager la coexistence de différents types de violence au sein de foyers, ainsi que quand il permet une prise de conscience plus fine des détails, indices et signes de violence".

    Ainsi, protection de l’animal et protection des humains vont de pair. Il est temps que la France rattrape son retard dans la prise en compte du lien entre les deux formes de violences. Cependant, au-delà des modifications législatives indispensables il convient de rappeler le rôle absolument essentiel de l’éducation qui doit servir à enraciner dès le plus jeune âge le respect indispensable de la vie et de la sensibilité des autres espèces.

    Sources:

    1. https://www.mesopinions.com/petition...nd-brule/47147
    2. https://www.petitions24.net/interdic...i_chien_gentil
    3. https://www.lgdj.fr/droit-animalier-9782749538037.html
    4. https://www.lemonde.fr/planete/artic...9214_3244.html
    5. https://www.chien.fr/actualite/peine...re-en-fevrier/
    6. https://france3-regions.francetvinfo...s-1514343.html
    7. https://www.lepointveterinaire.fr/ac...-l-animal.html
    8. http://www.senat.fr/leg/ppl14-657.html
    9. http://www.assemblee-nationale.fr/15...s/pion1007.asp
    10. http://www.fondation-droit-animal.or...e-sur-animaux/
    11. https://fondation-apsommer.org/wp-content/uploads/2018/01/Fondation-A-et-P-SOMMER-Bénédicte-de-VILLERS-étude-exploratoire-consacrée-au-lien-link-entre-violence-domestique-et-matraitance-animale-2015.pdf

    http://www.francesoir.fr/societe-fai...ute-envers-les










    "Pourquoi voudriez-vous qu’il y ait sur la Terre une multitude de vies ? Il n’y a qu’une vie qui, végétale, animale ou humaine, naît, rit, pleure, jouit, souffre et meurt. Une seule. Et c’est déjà bien assez merveilleux." A. Einstein

  13. #13
    Labrador
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    article extrêmement intéressant.

  14. #14
    Libellule Funambule Avatar de phacélie
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    N'est-ce pas

    Tous les tribunaux ne sont pas sur la même longueur d'onde comme tu le disais plus haut, 3 mois de prison avec sursis seulement pour un sale type qui a décapité un chat à coups de pelle et qui s'en est même vanté http://www.letribunaldunet.fr/animau...ce-legere.html
    "Pourquoi voudriez-vous qu’il y ait sur la Terre une multitude de vies ? Il n’y a qu’une vie qui, végétale, animale ou humaine, naît, rit, pleure, jouit, souffre et meurt. Une seule. Et c’est déjà bien assez merveilleux." A. Einstein

 

 

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