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A Fifille, ma chienne qui me manque

C'est une discussion A Fifille, ma chienne qui me manque dans le forum Hommages, dans la catégorie Vos Animaux ; ...

  1. #1
    Sharpei Avatar de Stairway
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    Bénévole
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    Orléans
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    29
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    octobre 2011

    A Fifille, ma chienne qui me manque

    Tu es arrivée par hasard chez mes parents, c'était en 2006, pendant la fin de l'automne.
    Ma mère t'avait vu te traîner le long de la route, à 5/6km de la maison. Tu avais une patte blessée, tu boitais mais tu arrivais à sauter dans les bouchures quand une voiture passait près de toi.

    Une grosse semaine plus tard, tu étais dans notre jardin. Mon père a eu peur de toi, grande chienne maigrichonne. Bah oui, avec nos poules, notre chien, nos chats, il a eu peur que tu ne les attaques et puis, il a vu ta patte de loin, il a eu de la peine.

    Pendant 15 jours, tu as tourné autour de la maison, on t'a mis des gamelles de pain trempé dans du lait, au début tu n'en voulais pas, puis tu as accepté le pacte de non-agression. C'est à ce moment là que j'ai appris ta présence dans notre grand jardin, pas loin de la rivière, dans les champs.

    J'ai eu envie de voir comment tu étais, je t'ai amené cette première gamelle. Ma mère m'avait dit que je ne pourrais jamais t'approcher, que tu fuyais... et pourtant, je t'ai appelée, "Fifille, viens ma chienne, viens ma belle, n'aie pas peur" et tu t'es approchée, pas à pas, tendue, inquiète. Tu es venue jusqu'à portée de mes doigts, tu me regardais prudemment. Est ce que j'allais te battre ou te blesser, c'est ce que j'ai lu dans tes yeux bruns. J'ai pu toucher ton poil blanc et noir, tout doucement. Tu étais belle.

    Le lendemain, j'ai vu tes plaies, tu avais cette patte fracturée, ouverte, sur laquelle tu ne t'appuyais pas. Elle avait un sale angle cette patte avant droite mais on ne pouvait rien y faire, au moindre geste, tu faisais un bond en arrière. Tu avais aussi des égratignures, une plaie superficielle sur la truffe. Tout a cicatrisé, n'est resté que cet angle étrange.

    Tu vivais dans le jardin, fuyante, prudente. On t'a nourrie de pain au lait, ton petit péché mignon, puis progressivement, tu as accepté les croquettes. Oui, tu n'étais pas comme les autres chiens visiblement.

    Toujours peureuse, tu as passé un an près de nous, sans aboyer jamais, un ange de chien. Un jour, tu es rentrée avec dans la gueule un sac plastique plein de quignons de pain sec, on a rigolé, on a compris que tu aimais ça alors on te les gardait et tu allais les grignoter dans le jardin. Le pain mou, tu préférais l'enterrer pour les poules plus tard.

    Six mois plus tard, tu as grossi, grossi tant et plus et tu nous a fait 11 beaux chiots. Visiblement, le labrador noir du voisin t'avait fait de l'oeil. On s'en est occupé avec toi. Neuf ont survécu, on en a donné quelques uns et toi aussi. Des voisins en ont trouvé chez eux, sur leur pas de porte. Coquine va ! Des beaux chiots croisé labrador et "chienne de chasse", les voisins les ont gardé...

    Au bout d'un an, toute la famille pouvait te toucher, l'hiver suivant, tu as dormi dans la grange, dans du vieux linge. Ca te plaisait bien, il y faisait plus chaud que dehors, dans les broussailles. L'été suivant, tu as accepté d'entrer dans la maison, toujours aussi prudente. Au fur et à mesure, tu as compris qu'on ne te voulait pas de mal, qu'on ne te frapperait jamais, que tu étais libre chez nous. Tu as arrêté de te sauver quand on levait le bras, tu as appris à ne plus reculer au moindre mouvement, tu as accepté nos mains caressantes sur toi.

    L'hiver dernier, tu vivais encore avec nous, dans la maison. Tu aimais te promener, librement, dans les champs. Parfois, tu nous ramenais des bêtes mortes, ragondins, lapins... On a appris très vite que tu aimais ça, tu étais une chienne de chasse, tu "ramenais" surement quand tu étais dans ton ancienne famille. Quand des canards passaient au dessus de toi, tu les fixais et tu regardais mon père, attendant que les oiseaux tombent. Mais ça, non, ça ne se fait pas chez moi.

    On a eu des ennuis avec des agriculteurs, des histoires de veaux morts que tu attaquais... qu'est ce qu'on y pouvait nous ? On ne pouvait t'attacher que pour le véto, et encore, il fallait être deux à trois pour porter tes 28 kilos énergiques, et surtout, une grosse dose de calmants avant de te mettre dans la voiture. La véto ne comprenait pas comment tu pouvais encore être aussi énergique en dépit des comprimés.

    Et puis, un matin de mars, on t'a ouvert la porte et tu es partie, comme tous les matins. Sauf que tu n'es pas revenue. On t'a appelée, longtemps, le soir venu, j'ai fait 40km exprès pour te chercher. Moi aussi je t'ai appelée. J'ai espéré te revoir ma Fifille, la queue en l'air, tes longues oreilles si douces battant tes joues, le regard amusé, sautillant dans les herbes hautes. Aujourd'hui encore, je ne peux m'empêcher d'espérer que tu as choisi une autre famille d'accueil.

    Tu étais une chienne adorable, pas agressive pour deux sous. Puante, pot de colle, mais tellement mignonne. Tu n'as surement pas été heurtée par une voiture car tu ne marchais que rarement le long de la route et tu craignais les voitures comme la peste.
    Tu étais en train bonne santé, jeune encore. On avait décidé de te faire pucer, on ne sait pas ce qu'il s'est passé. Un voisin qui en a eu marre de te voir dans ses champs, un veau de trop, un chasseur trop bête ?

    Personne n'aurait pu t'attraper, à part la famille et quelques très rares amis des animaux, tu fuyais. J'espère que ce n'était pas un piège, je sais que certains en posent pas si loin que ça ...

    Voilà ma chienne, c'était les mots que je n'ai pas pu écrire jusque là car mes yeux se couvrent de larmes.

    Où que tu sois, j'espère que tu es heureuse, tu me manques ma Fifille.

    A Fifille, ma chienne qui me manque-zanimaux-stairway-carla-pose-img.jpg A Fifille, ma chienne qui me manque-fifille.jpg A Fifille, ma chienne qui me manque-fifille-2.jpg
    Dernière modification par Stairway ; 04/10/2011 à 12h47.

    •   Alt

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  2. #2
    Carrément à l'aise !
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    Bruxelles
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    mai 2005
    C'est terrible de ne pas savoir ce qu'elle est devenue, où elle est, si elle est heureuse, si elle est encore vivante...

    Pourquoi vous a-t-elle quitté? Toutes ces questions sans réponse... que c'est dur!

  3. #3
    Saint Bernard Avatar de isa0164
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    avril 2009
    une superbe histoire!!! oui ca doit etre dure de ne pas savoir ce qu elle est devenu courage a toi en plus elle etait belle cette louloutte
    mes animaux mon oxygene
    Kali et lola mes bebes

  4. #4
    Coupe de bronze !
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    aix en pce
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    mars 2009
    oh c est dur de vivre ca , surtout quand on croit les avoir apprivoisé ou que tu sois veille sur celle qui t avait
    ouvert son coeur et sa maison , tu es bien belle on va parler de toi au present tu es peut etre la encore tout pres a vivre
    chez d autres une vie de nomade qui sait

    *signature éditée par Jade01 - une seule grande bannière merci*

 

 

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